Comment se protéger des arnaques
En tant que particulier :
La prévention repose avant tout sur des vérifications systématiques. Toute demande de virement inhabituelle ou tout changement de RIB doit, en cas de doute, être confirmé par un canal indépendant.
Appelez toujours votre créancier sur son numéro habituel (et non celui figurant dans le message), vérifiez les coordonnées bancaires, puis seulement ensuite procédez au paiement. Ce simple réflexe neutralise une grande partie des fraudes par substitution d’IBAN.
Ne communiquez jamais vos identifiants et ne cliquez pas sur des liens invitant à vous connecter à votre banque ou à votre messagerie. Les attaques de type phishing visent prioritairement les boîtes mail, car leur compromission permet d’intercepter des factures, de modifier des pièces jointes ou de s’insérer dans des échanges existants.
Utilisez des mots de passe uniques et robustes, activez la double authentification dès que possible et maintenez vos appareils à jour. La sécurisation des accès reste l’un des leviers les plus efficaces pour réduire le risque de fraude par virement.
En tant qu’entreprise :
La plupart des fraudes au virement exploitent moins une faille technique qu’un défaut d’organisation interne. Lorsque la création, la modification et la validation d’un paiement ne sont pas suffisamment encadrées, l’escroc profite d’un enchaînement de failles mineures plutôt que d’une vulnérabilité isolée.
- Séparer les fonctions et instaurer une double validation
Aucune personne ne devrait pouvoir initier et valider seule un virement. La procédure dite « quatre yeux » doit s’appliquer à tout nouveau bénéficiaire, à tout changement de RIB et à tout montant inhabituel. Cette règle doit être formalisée par écrit, avec un mécanisme de remplacement encadré pour éviter les dérogations liées à l’urgence.
- Vérifier systématiquement les coordonnées bancaires
Tout changement d’IBAN doit faire l’objet d’un contre-appel via un canal indépendant, auprès d’un interlocuteur identifié, en utilisant un numéro déjà enregistré en interne. La gestion des tiers doit être centralisée et toute modification tracée afin de conserver une piste d’audit opposable.
- Sécuriser les accès aux outils de paiement
Les plateformes bancaires et outils comptables doivent être protégés par une authentification forte (MFA). Les droits d’accès doivent être strictement limités, régulièrement révisés et immédiatement désactivés en cas de départ. À défaut, un pirate disposant d’identifiants valides peut initier des virements techniquement réguliers mais frauduleux.