Arnaque crypto : comment réagir juridiquement et récupérer vos fonds ?
Introduction : mise en garde immédiate et appel à agir vite
Si vous lisez cet article, c’est probablement parce que vous suspectez être victime d’une arnaque crypto ou que vous ne parvenez plus à retirer vos fonds d’une plateforme de trading. Le temps joue contre vous : plus vous agissez rapidement, plus les chances de geler les fonds sur un exchange et d’engager des poursuites pénales sont élevées.
Les escroqueries aux cryptomonnaies ont explosé en France depuis 2020. Selon l’autorité des marchés financiers (AMF), les signalements liés aux investissements frauduleux en crypto actifs ont été multipliés par cinq entre 2020 et 2023. La DGCCRF confirme cette tendance avec des pertes moyennes oscillant entre 4 200 € et plus de 500 000 € par victime.
En tant qu’avocat, j’accompagne quotidiennement des victimes d’arnaques crypto sur le volet pénal : dépôt de plainte, plainte avec constitution de partie civile, analyse de la traçabilité des fonds sur la blockchain en partenariat avec un prestataire spécialisé, et demandes de saisies pénales. Mon expérience montre une constante : si vous ne parvenez plus à retirer vos fonds d’une plateforme crypto, vous devez considérer que vous êtes probablement victime d’une escroquerie et consulter rapidement un avocat.
Cet article complet vous expliquera comment reconnaître les signes d’une fraude, quels recours juridiques existent, et comment maximiser vos chances de récupérer votre argent.
Avocats en droit des cryptomonnaies, nous pouvons vous accompagner si vous êtes victime d’une arnaque aux crypto monnaies afin de récupérer vos crypto.
Arnaque crypto : définition juridique et contexte en France
Comment reconnaître une arnaque crypto ? Les signaux d’alerte concrets
Scénarios d’arnaques crypto les plus fréquents
Que faire immédiatement si vous êtes victime d’une arnaque crypto ?
Recours juridiques et actions pénales possibles
Analyse de la traçabilité des fonds sur la blockchain : un outil clé
L’accompagnement par un avocat en cas d’arnaque crypto
Conseils de prévention pour éviter une arnaque crypto
FAQ : questions fréquentes sur les arnaques crypto
Conclusion : ne restez pas seul face à une arnaque crypto
Si vous êtes déjà victime et souhaitez savoir quoi faire immédiatement, rendez-vous directement à la section 4.
1. Arnaque crypto : définition juridique et contexte en France
Une arnaque crypto désigne l’ensemble des escroqueries exploitant les crypto monnaies pour dérober des fonds aux investisseurs. Sur le plan juridique, ces agissements relèvent principalement de l’article 313-1 du Code pénal qui définit l’escroquerie comme « le fait de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi à remettre des fonds ». Selon la gravité et le mode opératoire, d’autres qualifications peuvent s’appliquer : abus de confiance, blanchiment de capitaux, usurpation d’identité, ou encore exercice illégal de l’activité de prestataire de services sur actifs numériques (PSAN).
Les cryptoactifs sont des actifs numériques qui n’ont pas de cours légal en France. Leur cadre réglementaire repose sur le statut PSAN délivré par l’autorité des marchés financiers (AMF), qui joue un rôle clé dans la régulation, l’autorisation et la surveillance des plateformes d’échange de crypto-monnaies afin de protéger les investisseurs. Les prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) doivent obligatoirement être enregistrés auprès de l’AMF pour gérer une plateforme d’échange de crypto actifs. Il est donc essentiel de vérifier les listes blanches et noires publiées par l’AMF pour éviter les arnaques. Désormais, le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets), entré en vigueur en décembre 2024, vise à renforcer la réglementation et la sécurité du marché des crypto actifs. L’Union Européenne s’attèle ainsi à encadrer de manière plus stricte le marché des crypto actifs pour lutter contre les arnaques et le blanchiment d’argent. Le règlement TFR impose également aux plateformes d’échange de cryptomonnaies un contrôle accru de l’identité de leurs clients. Par ailleurs, la loi DORA, entré en vigueur en janvier 2025, vise à harmoniser les règles de cybersécurité pour les acteurs financiers, y compris les plateformes de cryptomonnaie. Mais malgré ces réglementations, des arnaques persistent.
Quelques chiffres clés sur les arnaques crypto en France
Indicateur
Données
Montant moyen perdu par victime
4 200 € à 20 000 €
Augmentation des signalements AMF (2020-2023)
x5
Peines encourues pour escroquerie
5 ans de prison, 375 000 € d’amende
Peines en cas de bande organisée
10 ans de prison, 1 000 000 € d’amende
Cadre légal : les points essentiels
Escroquerie (art. 313-1 CP) : manœuvres frauduleuses ayant conduit à la remise de fonds
Démarchage financier illégal : sollicitation non autorisée pour des placements
Usage frauduleux de la qualité de PSAN : prétendre être enregistré auprès de l’AMF sans l’être
Blanchiment : dissimulation de l’origine frauduleuse des fonds via la blockchain
De nombreuses arnaques impliquent des plateformes se présentant comme régulées en Europe (Chypre, Estonie, Malte) mais qui ne disposent d’aucun enregistrement PSAN en France. Cette apparence de légitimité renforce la confiance des victimes.
2. Comment reconnaître une arnaque crypto ? Les signaux d’alerte concrets
Les fraudeurs sont souvent extrêmement convaincants. Ils utilisent un français parfait, des logos d’institutions financières reconnues, et parfois même l’usurpation d’identité de grandes banques françaises. Reconnaître les signaux d’alerte avant d’investir est votre meilleure protection. Il est conseillé de se méfier des promesses de gains rapides et élevés, car elles sont souvent le signe d’une arnaque.
Méfiez-vous également des offres de promotion ou des publicités très attractives qui incitent à investir dans des cryptomonnaies, car elles peuvent cacher des stratégies frauduleuses.
Soyez vigilant face aux promesses de rendements rapides et élevés, car elles sont souvent des indicateurs d’escroquerie.
Liste des principaux signaux d’alerte
Promesse de rendements garantis supérieurs à 2-3 % par mois (attention : aucun investissement légal ne peut garantir de tels rendements)
Pression pour investir rapidement : « offre limitée », « dernière chance », « les marchés vont exploser »
Impossibilité de retrait des fonds une fois investis
Demande de “taxes” ou “frais” pour débloquer vos gains (taxe AMF ou FCA fictive, TVA crypto, taxe MiCA UE)
Coordonnées bancaires à l’étranger : Lituanie, Malte, Hong-Kong, Îles Marshall
Absence de numéro d’enregistrement PSAN sur le site internet de la plateforme
Faux conseillers se présentant comme analystes de Binance, Coinbase, Kraken, ou d’un « département crypto » inexistant d’une grande banque française
Signaux techniques à vérifier
Signal
Comment vérifier
Site web récent
Vérifier la date de création via WHOIS
Numéro de téléphone virtuel
Les +33 9 sont souvent des VoIP non traçables
Fautes d’orthographe
Lire attentivement les courriels et mentions légales
Domaine suspect
Les vrais exchanges n’utilisent pas de domaines exotiques
2.1. Le discours bien rodé des escrocs
Les fraudeurs excellent dans l’art de créer un climat de confiance. Ils multiplient les appels téléphoniques, proposent un suivi personnalisé, et partagent des pseudo-analyses de marché sur le bitcoin, l’Ethereum ou d’autres cryptos populaires.
Le mécanisme est toujours similaire :
Phase d’amorçage : petits gains visibles sur un tableau de bord (souvent +30 % ou +50 % en quelques jours)
Phase de validation : possibilité de retirer une faible somme (200-500 €) pour rassurer
Phase d’exploitation : incitation à réinvestir des sommes de plus en plus importantes
Phase de blocage : impossibilité de retrait, demandes de paiements supplémentaires
Les escrocs utilisent fréquemment des termes techniques pour paraître experts : « DeFi », « staking », « arbitrage », « copy trading », « intelligence artificielle de trading ». Ils n’hésitent pas à produire des faux contrats PDF, des attestations d’huissier fictives, ou des mails prétendument envoyés par l’AMF.
Exemples de phrases typiques entendues au téléphone ou sur WhatsApp/Telegram :
« Votre compte a généré 47 000 € de bénéfices, mais pour les retirer vous devez d’abord régler la taxe européenne de 15 %. »
« Je suis conseiller chez Binance France, nous avons un programme VIP avec des rendements garantis de 8 % par semaine. »
« L’AMF nous a validés, vous pouvez vérifier notre numéro d’enregistrement sur notre site. »
2.2. Les principaux signaux d’alerte à vérifier avant d’investir
Avant tout investissement en cryptoactifs, effectuez systématiquement ces vérifications :
Check-list de sécurité :
[ ] Rechercher la plateforme sur les listes noires de l’AMF
[ ] Vérifier l’enregistrement PSAN sur le registre officiel de l’AMF
[ ] Contrôler les mentions légales : adresse, pays de domiciliation, numéro d’immatriculation
[ ] Lire les avis en ligne (Trustpilot, forums spécialisés) avec prudence
[ ] Vérifier que l’URL correspond exactement à celle de la plateforme officielle
Règle d’or : 0 risque + 10 % par mois = escroquerie quasi certaine.
Méfiez-vous particulièrement des contacts non sollicités :
Appels sortants de « conseillers en investissement »
Messages LinkedIn, Instagram, TikTok proposant des opportunités
Rencontres sur des applications comme Tinder ou Bumble évoluant vers des discussions financières
Alerte maximale : toute demande de partage d’écran, de prise de contrôle à distance (AnyDesk, TeamViewer) ou de communication de vos codes 2FA doit immédiatement vous faire cesser tout contact.
3. Scénarios d’arnaques crypto les plus fréquents
Les mécanismes d’escroquerie évoluent constamment, mais suivent généralement quelques schémas récurrents bien identifiés. Comprendre ces scénarios vous aidera à les reconnaître avant qu’il ne soit trop tard.
3.1. Les fausses plateformes d’investissement en cryptomonnaies
Ce scénario classique représente la majorité des cas que je traite en tant qu’avocat.
Le mode opératoire type :
Publicité ciblée sur Facebook, Instagram ou Google Ads, évoquant le bitcoin, Elon Musk, des émissions comme TF1 ou BFM Business, avec des promesses de « revenus passifs »
Inscription sur une plateforme imitant des sites web connus, avec ouverture d’un « compte de trading »
Accompagnement par un prétendu conseiller francophone, disponible et rassurant
Premier dépôt modeste de 250-500 € par virement ou carte bancaire
Gains virtuels rapides affichés sur l’interface (+30 %, +50 % en quelques jours)
Réinvestissement progressif : 5 000 €, 10 000 €, parfois jusqu’à 50 000 € ou plus
Blocage au moment de demander un retrait significatif
La technique des fausses taxes :
Le faux support technique demande alors de payer 10 à 30 % de la somme pour la « débloquer » :
Prétexte invoqué
Montant demandé
« Impôt sur les plus-values »
10-30 %
« TVA crypto européenne »
15-25 %
« Taxe AMF »
10-15 %
« Conformité MiCA »
20-30 %
Exemple concret : Une victime ayant investi progressivement 50 000 € se voit réclamer 15 000 € supplémentaires pour régler une prétendue « taxe de déblocage européenne ». Si elle paie, de nouvelles taxes apparaissent.
3.2. Les « romance scams » et faux amis rencontrés en ligne
Les escroqueries amoureuses liées aux cryptos, souvent appelées « pig butchering » (découpe de porc), se sont multipliées en France depuis 2021. Elles exploitent la dimension émotionnelle pour maximiser les pertes.
Le mode opératoire :
Rencontre via une application (Tinder, Meetic, Bumble) ou les réseaux sociaux
Construction de la relation : conversations quotidiennes pendant plusieurs semaines, création d’un lien émotionnel fort
Introduction progressive des succès en investissement crypto : « Regarde, j’ai gagné 15 000 € ce mois-ci grâce à cette plateforme »
Invitation à investir : ouverture d’un compte sur une plateforme inconnue, transferts d’argent ou de cryptos
Gains virtuels immédiats pour renforcer la confiance
Demandes répétées de réinvestissement (souvent 10 000 à 100 000 € au total)
Blocage des retraits au motif de « vérification KYC », « conformité anti-blanchiment »
Disparition totale de l’escroc
Exemple concret : Sophie, 52 ans, rencontre « Marc » sur Meetic en mars 2025. Après deux mois d’échanges quotidiens, Marc lui présente une plateforme de trading. Sophie investit progressivement 78 000 € (ses économies et un crédit). En juillet, les retraits deviennent impossibles. Marc cesse de répondre.
3.3. L’incitation à transférer des cryptos d’une vraie plateforme vers une fausse
Ce type d’arnaque cible les personnes qui possèdent déjà des cryptomonnaies sur des exchanges légitimes comme Binance, Kraken, Coinbase ou Crypto.com.
Le scénario type :
Un « conseiller » contacte la victime (par téléphone, mail ou Telegram) et se présente comme un expert capable d’« optimiser ses rendements »
Il construit une relation de confiance sur plusieurs échanges
Il demande le transfert de cryptos (USDT, BTC, ETH) d’une plateforme à une autre, en insistant sur les prétendus avantages, mais ce processus comporte des risques importants de manipulation ou de fraude, surtout si la plateforme n’est pas réglementée
Cette plateforme, contrôlée par les escrocs, affiche des performances extraordinaires
Les retraits sont définitivement impossibles
Les escrocs utilisent des termes DeFi pour légitimer ces transferts : « pools de liquidité », « staking haute performance », « farming automatisé ».
Exemple concret : Patrick transfère 3 BTC (environ 234 000 € à l’époque) de son compte Kraken vers une plateforme présentée comme un « protocole DeFi institutionnel ». Le site affiche rapidement 4,5 BTC. Tout retrait est bloqué.
3.4. Les arnaques aux wallets et aux paiements en ligne en cryptomonnaies
Ces fraudes concernent directement les portefeuilles numériques et les paiements en cryptos.
Types d’arnaques aux wallets :
Type
Mécanisme
Faux wallets
Applications mobiles ou extensions navigateur qui détournent les fonds (faux Metamask, wallets Android non officiels)
Wallet address poisoning
L’escroc envoie une adresse quasi identique à celle du destinataire réel, la victime copie-colle sans vérifier
Paiements en crypto
Demande de paiement en BTC ou USDT pour un achat (voiture, bijoux, high-tech) : aucune opposition possible après paiement
Point important : En cas de fraude de type wallet, il est parfois encore possible de localiser les fonds sur la blockchain et de tenter des saisies pénales si les exchanges de destination sont identifiés.
Exemple concret : Achat d’un véhicule d’occasion sur Le Bon Coin payé 12 000 € en USDC. Le vendeur disparaît après la transaction. Contrairement à un paiement par carte, aucun mécanisme de remboursement n’existe.
3.5. Faux services de récupération de fonds (« recovery scam »)
Cette forme d’arnaque est particulièrement cruelle : elle cible des personnes déjà victimes d’une première escroquerie.
Le mode opératoire :
Quelques semaines après l’arnaque initiale, la victime est recontactée par de faux « cabinets d’avocats », « enquêteurs blockchain » ou prétendus « services de l’AMF »
Ils promettent de récupérer les fonds contre paiement de frais initiaux
Discours type : « Nous avons retrouvé vos cryptos, il suffit de payer des frais de dossier/avocat/huissier pour les débloquer »
Double risque :
Perte d’argent supplémentaire
Transmission d’informations sensibles (copies de pièces d’identité, relevés bancaires) pouvant servir à d’autres fraudes
Rappel essentiel : l’AMF, la police et la gendarmerie ne réclament JAMAIS le versement de frais pour récupérer de l’argent.
Avant de verser un seul euro à un prétendu service de récupération de fonds, contactez un vrai avocat.
4. Que faire immédiatement si vous êtes victime d’une arnaque crypto ?
Le temps est votre ennemi. Plus vous réagissez rapidement, plus les chances de geler les fonds sur un exchange centralisé augmentent. Voici les actions urgentes à entreprendre.
N’oubliez pas que n’importe qui peut être victime d’une arnaque crypto, il est donc essentiel de rester vigilant à chaque étape.
Enfin, ne partagez jamais vos informations personnelles ou financières avec des inconnus, même si cela semble être un ami ou un conseiller.
Plan d’action immédiat en 10 étapes
STOP : N’effectuez plus aucun versement, quelle que soit la raison invoquée
Coupez tout contact avec les escrocs (ne répondez plus aux appels, mails, messages)
Conservez toutes les preuves (voir section 4.1)
Alertez votre banque immédiatement
Contactez un avocat spécialisé pour évaluer votre situation
Déposez plainte (commissariat, gendarmerie ou directement au procureur). Mieux : Faites vous accompagner dans le dépôt de plainte par un avocat afin d’éviter un classement sans suite compte tenu d’un dossier insuffisamment étayé.
Signalez l’arnaque sur la plateforme THESEE du ministère de l’Intérieur
Informez les plateformes légitimes ayant reçu les fonds
Documentez tout (chronologie précise, montants, interlocuteurs)
Ne vous culpabilisez pas : vous êtes victime d’une infraction pénale
N’importe qui peut être victime d’une arnaque crypto. Les escrocs sont des professionnels qui exploitent des techniques de manipulation psychologique éprouvées.
4.1. Rassembler immédiatement toutes les preuves disponibles
La qualité de votre dossier dépend des preuves que vous aurez conservées. Voici ce qu’il faut rassembler :
Documents essentiels à conserver :
Captures d’écran complètes de la plateforme (avec URL visible, date et heure)
Tous les e-mails échangés avec la plateforme et les « conseillers »
SMS et échanges WhatsApp/Telegram/Signal (ne les supprimez jamais)
Relevés bancaires montrant les virements effectués
Adresses de wallets crypto communiquées
Identifiants de transactions sur la blockchain (hash TXID)
Contrats, factures, attestations reçues
Numéros de téléphone utilisés par les escrocs
Captures des profils réseaux sociaux des escrocs
Conseil pratique : Créez un dossier numérique organisé avec tous ces éléments. Cette documentation permettra à l’avocat et aux enquêteurs d’identifier le schéma d’escroquerie et les circuits de blanchiment.
4.2. Blocage des transferts et alerte à la banque et aux plateformes
Actions auprès de votre banque :
Prévenez sans délai votre banque en cas de virements récents
Demandez une tentative de rappel de fonds (possible dans les 24-48h pour certains virements SEPA)
Faites opposition si nécessaire
Signalez la fraude à leur cellule anti-fraude
Actions auprès des plateformes crypto légitimes :
Si les fonds ont transité par des exchanges comme Crypto.com, Binance, Kraken ou Coinbase :
Contactez leur support via les canaux officiels
Signalez que les fonds proviennent d’une fraude
Fournissez les preuves de l’arnaque
Ces plateformes peuvent, dans certains cas, geler les fonds ou marquer les adresses comme liées à une activité frauduleuse. Un avocat peut vous aider à rédiger ces signalements avec un langage juridique clair et des références au droit français et européen.
4.3. Dépôt de plainte et choix entre plainte simple et plainte avec constitution de partie civile
Il existe deux voies principales pour déposer une plainte :
Type de plainte
Où la déposer
Avantages
Inconvénients
Plainte simple
Commissariat, gendarmerie, ou procureur
Simple, gratuite, rapide
Pas de statut de partie civile, moins de suivi
Plainte avec constitution de partie civile
Doyen des juges d’instruction
Ouverture d’une information judiciaire, accès au dossier, statut prioritaire
Consignation, procédure plus longue
Quand privilégier la plainte avec constitution de partie civile ?
La plainte simple est l’étape préalable.
Somme perdue importante (généralement > 10 000 €)
Inaction du parquet suite à une plainte simple
Dossier complexe impliquant plusieurs victimes
Volonté de participer activement à l’enquête
Infos essentielles à fournir dans la plainte :
Votre identité complète
Chronologie précise des faits (dates, montants, interlocuteurs)
Coordonnées de la plateforme frauduleuse
Adresses crypto utilisées
IBAN des comptes destinataires
Toutes les pièces jointes pertinentes
L’assistance d’un avocat dès cette étape permet de qualifier juridiquement les faits de manière optimale : escroquerie, association de malfaiteurs, blanchiment, pratique commerciale trompeuse.
5. Recours juridiques et actions pénales possibles
La gestion et la prévention des risques liés aux crypto-actifs sont essentielles, notamment dans le cadre des recours juridiques pour limiter les dangers tels que la fraude, la non-livraison ou d’autres arnaques.
Les arnaques crypto ne relèvent pas du simple « mauvais investissement » mais d’infractions pénales pouvant être poursuivies en France, même si les auteurs se trouvent à l’étranger.
Principales qualifications pénales applicables
Infraction
Article du Code pénal
Peines maximales
Escroquerie
Art. 313-1
5 ans, 375 000 €
Escroquerie en bande organisée
Art. 313-2
10 ans, 1 000 000 €
Blanchiment
Art. 324-1
5 ans, 375 000 €
Usurpation d’identité
Art. 226-4-1
1 an, 15 000 €
Pratique commerciale trompeuse
L.132-2 Code conso.
2 ans, 300 000 €
Voies de recours disponibles
Plainte pénale : plainte simple ou avec constitution de partie civile
Action civile : en responsabilité contre les intermédiaires identifiables (banque et plateforme crypto)
Saisies pénales : sur les avoirs localisés
Demandes d’indemnisation : dans le cadre de la procédure pénale
Recours AMF : si un PSAN enregistré est impliqué (rare dans les arnaques)
5.1. Qualification pénale de l’arnaque crypto
L’avocat qualifie les faits au regard du Code pénal en analysant :
Escroquerie : manœuvres frauduleuses, promesses mensongères de rendement, faux statuts de société, usurpation de logos bancaires, fausses attestations fiscales
La remise de fonds : virements, paiements par carte, transferts de cryptos
L’intention frauduleuse : caractère organisé et répétitif du schéma
Cette qualification précise est essentielle pour obtenir réparation du préjudice matériel (les sommes perdues) et moral (stress, honte, conséquences familiales).
5.2. Plainte avec constitution de partie civile et instruction
La plainte avec constitution de partie civile peut permettre :
L’ouverture d’une information judiciaire
La désignation d’un juge d’instruction dédié
Des actes d’enquête poussés : commissions rogatoires internationales, perquisitions, auditions, exploitation des données des plateformes crypto
L’avocat prépare un dossier structuré comprenant :
Chronologie détaillée des faits
Ensemble des pièces probantes
Analyse des flux crypto
Bilan chiffré des préjudices
Les délais peuvent être longs (plusieurs mois à plusieurs années), mais des actes concrets interviennent : saisies, auditions, voire mises en examen d’intermédiaires.
5.3. Saisies pénales et gel des avoirs liés à l’escroquerie
Il est possible d’obtenir des saisies pénales sur :
Des comptes bancaires identifiés
Des comptes de trading
Des wallets crypto contenant les fonds détournés
L’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) intervient dans la conservation de ces avoirs.
Processus de saisie :
Analyse blockchain identifiant le flux des fonds
Localisation sur un exchange centralisé (Binance, Kraken, etc.)
Réquisition judiciaire auprès de l’exchange
Gel des fonds par ordonnance du juge des libertés et de la détention (JLD) saisi sur requête par le Procureur ou le juge d’instruction
Saisie effective et conservation par l’AGRASC
Cette action nécessite une coordination rapide entre avocat, enquêteurs et prestataire spécialisé en traçabilité blockchain.
6. Analyse de la traçabilité des fonds sur la blockchain : un outil clé
Contrairement à une idée reçue, les cryptomonnaies ne sont pas totalement anonymes. La blockchain enregistre publiquement toutes les transactions, créant une piste auditable.
En tant qu’avocat, je travaille avec un prestataire partenaire spécialisé en analyse de la traçabilité des fonds sur la blockchain pour suivre les flux de bitcoin, Ethereum, USDC et autres cryptos. Cette analyse permet d’identifier :
Les adresses de réception finale
Les passages par des mixers ou protocoles de confidentialité
Les plateformes centralisées de destination
Les éventuelles conversions en monnaie fiduciaire
Ces informations alimentent la plainte et les demandes de saisies.
6.1. Concrètement, comment se déroule une analyse blockchain ?
Étapes de l’analyse forensic :
Collecte des données : récupération des adresses et hash des transactions auprès de la victime
Importation dans un outil d’analyse spécialisé (Chainalysis, TRM Labs ou équivalent)
Cartographie des flux : visualisation du parcours des fonds
Identification des destinations : grâce aux tags publics des exchanges connus
Rapport d’expertise : document exploitable par les enquêteurs
Les plateformes centralisées comme Binance, Kraken ou Coinbase sont souvent identifiables grâce à leurs adresses de dépôt connues des outils d’analyse.
Ces rapports peuvent être joints à la plainte et exploités par les services d’enquête spécialisés : OCLCTIC (Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication), cyber-gendarmerie, etc.
Même si les fonds transitent par des mixers ou des protocoles DeFi, l’analyse apporte des éléments utiles pour démontrer le caractère organisé de l’escroquerie.
6.2. Limites et attentes réalistes pour les victimes
Soyons honnêtes sur les limites de cette approche :
Ce que l’analyse blockchain peut faire :
Prouver la réalité des transferts
Établir le montant exact du préjudice
Identifier les intermédiaires et plateformes utilisés
Renforcer le dossier pénal
Ce que l’analyse blockchain ne garantit pas :
La récupération automatique des fonds
L’identification des escrocs
La coopération des plateformes non régulées
Attention aux promesses irréalistes : Méfiez-vous des acteurs promettant une « garantie de récupération » des fonds. Dans la majorité des cas, c’est illusoire. L’objectif de l’avocat est d’optimiser vos chances de récupération et d’indemnisation, sans promettre un résultat certain.
7. L’accompagnement par un avocat en cas d’arnaque crypto
Le rôle de l’avocat dans un dossier d’arnaque crypto va bien au-delà du simple dépôt de plainte. Il coordonne l’ensemble de la stratégie juridique, technique et humaine.
Services proposés dans l’accompagnement
Prestation
Description
Rédaction de la plainte
Qualification juridique précise des faits
Constitution de partie civile
Accès au dossier d’instruction
Coordination blockchain
Partenariat avec prestataires spécialisés
Demandes de saisies
Requêtes auprès du juge et des exchanges
Représentation
Audiences, auditions, confrontations
Suivi
Relances et demandes d’actes complémentaires
7.1. Premier contact et audit de votre situation
Le premier rendez-vous permet de :
Collecter les informations clés : montant perdu, chronologie, identité de la plateforme, type de cryptos concernées, preuves déjà réunies
Évaluer la qualification pénale : escroquerie simple, en bande organisée, blanchiment
Estimer la solidité du dossier : qualité des preuves, traçabilité potentielle
Évaluer les chances : récupération partielle ou totale, coûts à prévoir
L’objectif est de vous fournir une vision réaliste de votre situation et des options disponibles.
Conseil pratique : Préparez à l’avance un dossier numérique ou papier avec tous les éléments disponibles. Plus le dossier initial est complet, plus l’analyse sera précise.
7.2. Élaboration de la stratégie pénale et civile
La stratégie dépend de plusieurs critères :
Montant des sommes : une plainte avec constitution de partie civile est plus pertinente au-delà de 10 000 €
Nombre de victimes : une action groupée peut renforcer le dossier
Nature de la plateforme : PSAN enregistré ou non
Pays impliqués : UE, pays coopératifs ou non
Exemple de stratégie type (dossier 25 000 € perdus) :
Dépôt de plainte simple avec dossier complet
Analyse blockchain pour identifier les exchanges de destination
Signalement aux plateformes concernées
Suivi de l’enquête et relances régulières
Si inaction du parquet : plainte avec constitution de partie civile
Demande de saisie pénale sur les fonds localisés
Une stratégie globale et cohérente est toujours plus efficace que des actions isolées.
7.3. Suivi de la procédure et représentation de la victime
L’avocat assure un suivi continu du dossier :
Relances auprès du parquet et du juge d’instruction
Demandes d’actes complémentaires : auditions, réquisitions aux plateformes
Représentation lors des auditions, confrontations et audiences
Information régulière de la victime sur les avancées
Au-delà de l’aspect technique, l’accompagnement comporte une dimension humaine essentielle : gestion du stress, du sentiment de honte, de la pression financière. Vous n’êtes pas seul face à cette épreuve.
8. Conseils de prévention pour éviter une arnaque crypto
La meilleure protection reste la prévention. Les arnaques financières ne se limitent pas aux cryptomonnaies : le forex, ou marché des devises étrangères, est également un terrain propice aux fraudes et nécessite la même vigilance. Se former avant d’investir, vérifier la régulation des plateformes, refuser les sollicitations non demandées et se méfier des offres de promotion trop attractives : ces réflexes simples peuvent vous éviter des pertes considérables. Il est essentiel de bien évaluer les risques avant tout investissement.
10 règles d’or pour investir en crypto sans se faire arnaquer
Vérifiez l’enregistrement PSAN sur le registre officiel de l’AMF
Consultez les listes noires de l’AMF et de l’ACPR avant tout investissement
N’investissez jamais sous pression ou urgence
Refusez tout contact non sollicité proposant des placements
Ne communiquez jamais vos codes 2FA ou seed phrase
N’autorisez jamais le partage d’écran avec un « conseiller »
Limitez les montants : n’engagez jamais des fonds nécessaires au quotidien
Diversifiez : les cryptos ne doivent représenter qu’une fraction de votre patrimoine
Méfiez-vous des rendements garantis : aucun placement légitime ne les promet
Demandez conseil à un professionnel avant d’engager des sommes importantes
8.1. Vérifier systématiquement la légitimité des plateformes et intermédiaires
Contrôlez l’URL exacte (attention aux domaines quasi identiques)
Vérifiez le pays de domiciliation
Lisez les mentions légales complètes
Recherchez des avis indépendants
Règle absolue : N’ouvrez jamais de compte via un lien reçu par mail ou messagerie. Tapez vous-même l’adresse du site dans votre navigateur.
8.2. Hygiène numérique et protection de vos accès
Bonnes pratiques de sécurité :
Pratique
Recommandation
Mots de passe
Uniques et complexes pour chaque compte
Authentification 2FA
Via application (Google Authenticator, Authy), pas par SMS
Seed phrase
Jamais partagée, stockée hors ligne
Logiciels de contrôle à distance
Toujours refuser (AnyDesk, TeamViewer)
Applications mobiles
Uniquement depuis les stores officiels
Tenez un inventaire de vos comptes et wallets avec les informations essentielles, stocké dans un endroit sécurisé (hors ligne de préférence).
9. FAQ : questions fréquentes sur les arnaques crypto
Puis-je vraiment récupérer mon argent ?
La récupération dépend de nombreux facteurs : rapidité de réaction, traçabilité des fonds, coopération des plateformes, localisation des escrocs. Dans certains cas (fonds identifiés sur un exchange régulé), des saisies sont possibles. Dans d’autres, la procédure pénale permet au moins d’obtenir une reconnaissance du préjudice. Aucune garantie de récupération n’existe, mais ne rien faire revient à renoncer à toute chance.
Ma banque est-elle responsable ?
La responsabilité de la banque peut être engagée dans certains cas : défaut de vigilance face à des virements inhabituels, absence d’alerte anti-fraude. Cependant, la jurisprudence est stricte et la responsabilité est souvent limitée lorsque la victime a elle-même ordonné les virements. Une analyse au cas par cas est nécessaire.
Dois-je payer les « taxes » demandées par la plateforme pour débloquer mes fonds ?
Non, jamais. Ces demandes de taxes (AMF, TVA crypto, MiCA, etc.) sont une technique d’arnaque classique pour soutirer encore plus d’argent. Aucune autorité légitime ne demande le paiement de frais pour débloquer des fonds.
Une plainte est-elle utile si la plateforme est à l’étranger ?
Oui. Les infractions commises contre des victimes françaises peuvent être poursuivies en France. Des commissions rogatoires internationales permettent d’enquêter à l’étranger. De plus, l’analyse blockchain peut révéler des passages par des exchanges soumis au droit européen.
Combien de temps dure la procédure ?
Une procédure pénale pour escroquerie crypto peut durer de plusieurs mois à plusieurs années. L’instruction est souvent longue compte tenu de la complexité technique et des enjeux internationaux. Cependant, des actes concrets (saisies, auditions) peuvent intervenir bien avant le jugement final.
Dois-je déclarer les cryptos obtenues frauduleusement ou les gains virtuels affichés ?
Non. Les gains affichés sur une plateforme frauduleuse sont fictifs. Ils n’ont jamais existé et ne constituent pas un revenu imposable. En revanche, si vous aviez précédemment réalisé des plus-values réelles sur d’autres opérations, celles-ci restent déclarables.
Que puis-je faire si j’ai déjà payé des « frais de récupération » à un faux cabinet ?
Vous êtes victime d’une deuxième arnaque (recovery scam). Rassemblez les preuves de ces nouveaux paiements et intégrez-les à votre plainte. Les escrocs sont souvent les mêmes ou travaillent en réseau.
Comment puis-je contacter un avocat pour mon cas ?
Pour une première analyse de votre dossier, vous pouvez me contacter directement. Plus le dossier est traité tôt, plus les options sont larges et les chances de récupération élevées.
10. Conclusion : ne restez pas seul face à une arnaque crypto
Les arnaques aux cryptomonnaies se multiplient et touchent des victimes de tous profils. La sophistication des escrocs, l’utilisation de l’IA pour personnaliser les approches, et la complexité technique des cryptoactifs créent un terrain favorable à ces fraudes.
Les messages clés à retenir :
Agir vite est crucial : chaque jour compte pour le gel des fonds
La plainte pénale est indispensable, même si les escrocs sont à l’étranger
L’analyse blockchain peut identifier les flux et les plateformes de destination
L’accompagnement par un avocat spécialisé optimise vos chances de recours
Ne rien faire revient à se priver de toute possibilité de récupération. Même si le résultat n’est jamais garanti, une action structurée et rapide augmente significativement les perspectives d’indemnisation.
En tant qu’avocat, mon rôle est de défendre vos droits et vos intérêts, de coordonner les expertises techniques nécessaires, et de vous accompagner tout au long de la procédure. Face à une situation qui peut générer honte et isolement, vous méritez une aide professionnelle et humaine.
Vous pensez être victime d’une arnaque crypto ?
Contactez-moi pour une première analyse de votre dossier. Plus vous agissez tôt, plus vos options restent ouvertes. Ensemble, nous définirons la meilleure stratégie pour protéger vos intérêts et maximiser vos chances de récupération.